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LA OUICHE VERSION 2

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PETER WATKINS - CINEMA EN COLERE | 22 août 2006



CINEASTE POLITIQUE EN COLERE

Les films de Peter Watkins sont rares sur les écrans français. Soumis à de nombreuses censures, le spécialiste du faux reportage est resté longtemps absent de la télévision comme des salles de cinéma depuis que la BBC l'a banni au milieu des années 60 à cause de The War Game (La Bombe).

THE WAR GAME : NAISSANCE D'UN IDEAL POLITIQUE

Son arrivée était attendue avec impatience. Nous sommes en juillet 2004 et la salle est pleine à craquer, curieuse de voir ce film qui traîne derrière lui un parfum de soufre. C'est précisément lors de la projection de The War Game (La Bombe) que Peter Watkins décide de rencontrer pour la première fois le public du festival de La Rochelle. L'introduction à son œuvre passe par un film coup de poing où l'on assiste à l'attaque nucléaire de la Grande-Bretagne et à ses conséquences sur la population, filmées de façon extrêmement réalistes. Entre les crises d'hystérie dues au traumatisme, les victimes mourant d'asphyxie ou de faim, et l'incapacité des autorités à apporter quelconque aide matérielle ou assistance médicale, on doit reprendre son souffle à la sortie de la projection. Peter Watkins signe avec The War Game, réalisé alors qu'il avait 30 ans, son deuxième film pour la BBC, pour lequel il a recours au procédé du faux reportage. Un moyen qui lui permet d'instaurer, pendant chacune de ces 50 minutes, l'enfer sur l'écran et une prise de conscience politique chez le spectateur. Un procédé qu'il a déjà utilisé dans ses premiers courts-métrages et notamment The Forgotten Faces, réalisé en 1960, où il reconstitue le soulèvement hongrois de 1956. Un procédé qu'il répète dans son premier long-métrage, Culloden, réalisé en 1964, qui rejoue la débâcle des troupes écossaises face aux troupes d'élite anglaises du duc de Camberland, bataille qui scelle définitivement, en 1746, l'avenir de l'Ecosse.

Mais qu'est-ce que ce procédé au cœur de l'œuvre de Peter Watkins dans les années 60 ? C'est bien sûr l'emprunt au style du reportage, notamment ses mouvements de caméra saccadés, dignes des actualités télévisées en temps de guerre, et les visages remplis d'horreur cadrés en gros plan face caméra. Peter Watkins explique que pour le tournage de la révolte hongroise dans les faubourgs de Canterbury, il s'est nourri « des reportages-photos de Paris-Match réalisés à Budapest ». « A l'époque ma réflexion sur les médias n'avait pas vraiment commencé. Mais j'étais influencé par la forme du film de Truffaut, Les 400 coups , et j'étais déjà conscient que la narration à la télévision était de type hollywoodien, très superficielle, et qu'il n'y avait pas beaucoup de sujets sociaux. C'est pourquoi je fais intervenir une équipe de télévision car je voulais montrer que les actualités télévisées, tout comme moi, pouvaient truquer leurs reportages ». La préparation de The War Game révèle une enquête minutieuse sur les bombardements de Hambourg, Dresde, Hiroshima et Nagasaki, et le recours à de nombreuses interviews des différents responsables britanniques. Au sein même du film, Peter Watkins met en scène des interviews sur le vif des forces en présence - autorités politiques, religieuses et médicales -, et des micro-trottoirs auprès du grand public. Au final, le faux-reportage, en poussant le dispositif télévisuel classique à son paroxysme, le met en abîme, résumant toute la colère du cinéaste sur la superficialité de la mise en spectacle. Plus qu'une expérience du traumatisme, il convoque la conscience du spectateur sur l'événement, sa signification universelle et son traitement dans les médias. Derrière ce dispositif, Peter Watkins court après son idéal, susciter un électrochoc afin de réinstaurer un dialogue avec le public.

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   LA CENSURE TRAUMATIQUE

Avec sérieux et humilité, Peter Watkins a tenu à présenter lui-même chacun de ses douze films projetés à La Rochelle (cf filmographie). En parlant de The War Game, il revient à la source de son travail et à la perception qui en a été faite en Grande-Bretagne. « En fait, le gouverment britannique s'est inquiété dès qu'il a connu le sujet du film. Il a tout de suite appelé la BBC qui l'a d'abord rassuré par le fait que j'étais un jeune réalisateur. Mais une fois le film terminé, la production a organisé des réunions secrètes avec les directeurs de cabinet des ministères de la Défense et de l'Intérieur... » Quelques semaines plus tard, le verdict, traumatique, tombe : le film est censuré, à la demande de la BBC, sur toutes les chaînes de télévision pendant vingt ans. Une BBC qui a pourtant recruté le jeune Peter Watkins, mais qui n'a jamais reconnu avoir subi quelque pression que ce soit, rejetant officiellement le film en le qualifiant « d'échec », ajoutant qu'il pouvait « choquer les enfants et les personnes âgées » !


Le cinéaste s'est alors retrouvé face à un paradoxe. Censuré, c'est avec ce film qu'il sort de l'ombre où l'on a voulu l'enfermer. Il remporte en 1966 l'Oscar du meilleur documentaire pour cette œuvre de politique-fiction ! Il gagne le surnom d'Orson Welles britannique en référence à la panique causée en octobre 1938 par le futur cinéaste américain lors de la diffusion de son adaptation de La Guerre des Mondes de H.G. Welles sur les ondes radiophoniques de CBS. Il portera ensuite son film à travers le monde, répétant l'histoire devant un public toujours médusé. Mais la censure pèse lourd. Après ce coup de tonnerre, le cinéaste affronte l'année suivante les foudres de la critique britannique suite à son nouveau film, Privilège, l'histoire d'une pop-star instrumentalisée par les lobbies financiers et par l'Eglise pour mieux détourner les jeunes de leurs préoccupations politiques et sociales. Il monte alors un projet américain avec Marlon Brando, Proper In The Circumstances, film sur les guerres contre les Indiens Sioux. Universal Pictures le refuse. Il décide alors de quitter définitivement sa terre natale.

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   « FUCK YOUR TELEVISION ! » : PUNISHMENT PARK

Cinéaste censuré, Peter Watkins connaît l'exil jusqu'à la fin des années 80. Deux décennies pendant lesquelles il enchaîne les tournages, en quête d'un espace enfin libre de diffusion. Arrivé en Suède en 1968, il s'attaque à la réalisation de The Gladiators (Les Gladiateurs), film pacifiste dans lequel sa critique du pouvoir médiatique s'affiche clairement. Il y met en scène un jeu de massacre télévisé qui fait s'affronter un commando chinois et un commando occidental, le tout joué devant de cyniques attachés militaires représentant les deux camps. Jusqu'où la manipulation télévisuelle peut-elle aller ? Dans le film, disposer du droit de vie ou de mort est un geste aussi simple qu'appuyer sur un bouton, celui qui commande les entrées et les sorties des Gladiateurs... Rarement projeté en France, le film produit par Goran Lindgren, également producteur de Susan Sontag, a été très critiqué en Suède à sa sortie. Peter Watkins reprend alors le chemin de l'exil pour s'envoler vers les Etats-Unis où il réalise son deuxième opus le plus connu, Punishment Park, en 1970. Après la politique extérieure britannique, Peter Watkins se sert du contexte - la guerre du Vietnam et les mouvements contestataires américains - pour vilipender la politique intérieure répressive de Richard Nixon. Un nouveau film-coup de poing qui démonte la mécanique propagandiste à l'œuvre aux Etats-Unis et dont l'écho actuel n'est pas à négliger.


Punishment Park raconte le procès d'un groupe de jeunes américains devant une cour martiale. Avec cette idée scénaristique : pour échapper au verdict de la cour, les accusés peuvent sauver leur peau s'ils réussissent à atteindre le drapeau américain - tout un programme -, situé au bout de 80 kms de désert. Une chasse à l'homme à laquelle Peter Watkins convie les médias par l'intermédiaire d'une équipe de télévision actrice du film, qui suit l'évènement et interroge sur le vif. Si on retrouve le dispositif classique du cinéaste, la rage contenue dans le film est viscéralement rattachée aux évènements. Martin Luther King et JFK ont été assassinés deux ans plus tôt, et l'Amérique assiste au développement du mouvement des Black Panthers fondé par Bobby Seal et à la mission du FBI de couper court à l'explosion des mouvements révolutionnaires de toutes sortes. « Parmi les jeunes que nous avons choisis pour le film, plus d'un tiers étaient allés en prison pour des actes de dissidence et un tiers participaient à des actions de résistance à Los Angeles », raconte Peter Watkins. « Et pour recruter les policiers du film, nous nous sommes adressés à une base militaire qui se trouvait à proximité. Il y a aussi un dentiste et une femme très conservatrice qui ont accepté de jouer le rôle des autorités. »


Le processus de tournage a cette fois-ci évolué, l'essentiel du scénario passant à la poubelle, le réalisateur ne donnant plus aux acteurs que des informations sommaires : leur âge et une description de leur personnage en trois lignes. A eux d'improviser... « Le lendemain, on a commencé le tournage, un premier jeune est arrivé et tous les acteurs ont immédiatement joué le jeu. C'était incroyable. Mais j'ai eu peur, car il y a une scène, à la fin du film, où on s'est retrouvés complètement dépassés. Les policiers devaient tirer sur deux jeunes et j'en vois quatre à terre. Alors, je cours avec le chef-opérateur, croyant qu'on est en train de tuer mes acteurs car certaines scènes étaient tournées à balles réelles. Et c'est là que le policier que j'interroge me répond, « Fuck your television ». Cette situation est due aux évènements que nous étions en train de vivre aux Etats-Unis. Et en même temps, elle pose la question du rôle des médias et leur part de responsabilité ». Le film a été retiré de l'affiche à New York après quatre jours de diffusion, et est resté invisible sur les écrans de télévision et de cinéma américains. Peter Watkins raconte qu'il s'est alors tourné vers la Norvège « où les médias lui semblaient moins pires qu'ailleurs ».

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   NI MAOÏSTE, NI ALTERMONDIALISTE

Parmi les critiques récurrentes qui ont suivi la sortie de ses films, Peter Watkins a très souvent été qualifié de « cinéaste paranoïaque », « hystérique », « masochiste », « caricatural » mais jamais de « maoïste ». Aujourd'hui, on ne peut pas plus lui coller l'étiquette d'altermondialiste, parce qu'il critique ouvertement ce mouvement (cf Media Crisis ), et parce qu'il n'a jamais sombré dans une démarche manichéenne. Si les jeunes de Punishment Park apparaissent comme des victimes, ils n'en sont pas moins naïfs, divisés et perdus... En revanche, sa foi dans le pacifisme et l'humanisme ne s'est jamais démentie. Ses films sont autant d'hommages à des visages et à des voix que la télévision a depuis longtemps ignorés. Et s'il a annoncé, à La Rochelle, avoir décidé d'arrêter de travailler pour le cinéma et pour la télévision, « c'est parce que j'ai honte de cette profession » avoue-t-il. « Il est temps de descendre le cinéma et la télévision de leur piédestal, de les ramener au niveau des gens. Le débat sur cette question est absolument nécessaire. »


La fin d'un cinéaste ? « Je vais quand même continuer mon projet en travaillant peut-être à un film sous la forme d'un DVD. J'aimerais continuer à explorer le processus audiovisuel. Par exemple, je souhaite organiser des interviews en cassant les contraintes, où les gens pourraient choisir de regarder ce qu'ils veulent, la caméra ou pas, en ayant conscience qu'ils font un choix délibéré. Au final, c'est à eux que revient la décision du plan. »



Filmographie issue du catalogue édité par le festival de La Rochelle 2004.
2000 - La Commune, Paris 1871
1994 - Le Libre Penseur / The Freethinker
1991 - The Media Project
1986 - Le Voyage / The Journey
1976 - Force de Frappe / Evening Land
1975 - The Trap / The Seventies People
1971 - Edvard Munch, la Danse de la vie
1970 - Punishment Park
1969 - Les Gladiateurs / The Gladiators
1966 - Privilège / Privilege
1965 - La Bombe / The War Game
1960 - The Forgotten Faces
1959 - Le Journal d'un Soldat Inconnu / The Diary of an Unknown Soldier
1958 - The Field Of Red
1954 - The Web


 

Publié par fmamb à 13:56:43 dans Cinema | Commentaires (2) |

Series TV en cours de visionnage | 21 août 2006




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Battlestar Galactica


Série créée par Glen A. Larson, Ronald D. Moore  en 2003
Avec : Edward James Olmos, Mary McDonnell
Format : 42 mn.   - Genre : Fantastique

Synopsis : Puissants robots, les Cylons règnent en maître sur l'univers. A bord du dernier vaisseau de guerre, le Galactica, des humains tentent de survivre en entreprenant le voyage de la dernière chance : trouver une légendaire planète appelée la Terre.

Notes : En 2003, soit 25 ans après la série originale (1978-1979) avec Richard Hatch et Dirk Benedict dans les rôles de Apollo et Starbuck, Sci Fi Channel lance une mini-série. Pour surfer sur le succès de cette nouvelle adaptation, la chaîne commande alors une nouvelle série d'épisodes.

Avis :
Après avoir visionné le pilote d'une durée de près de 3h! voilà les 4 premiers episodes d'une durée plus classique de 40min chacuns. Serie a grand budget aux thematiques plutot attrayantes (Robots qui se sentent humain, humains qui ne savent pas qu'ils sont robots, fin de l'humanité reduite a un convoi perdu dans l'espace, utilisation à contre emploi de pas mal de choses amusantes). Une serie de SF pas mal. Les abatailles spaciales sont pas mal filmés du tout, et ouvre sur des denouements qui nous tiennent bien en haleine. La musique est assez bien choisie aussi.

Ma note : 7/10


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S.C.R.U.B.S


Série créée par Bill Lawrence  en 2001
Avec : Zach Braff, Donald Adeosun Faison
Format : 22 mn.   - Genre : Comédie, Médical

Synopsis : J.D., Turk et Elliot font leur internat de médecine à l'hôpital du Sacré Coeur. Ils y découvrent que la vie n'y est pas facile et se retrouvent bien souvent dans des situations des plus loufoques.

Avis : Serie amusante qui lorgne vers Urgences (forcement) matiné d'un humour debridé aux notes surrealistes à la Ally Mc Beal. Distrayant. 

ma note : 5/10






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La Caravane De L'Etrange

Titre original : Carnivàle
Saisons : 2 - Episodes : 24 - Statut : arrêtée en 2005
Série créée par Daniel Knauf  en 2003
Avec : Nick Stahl, Clancy Brown
Format : 50 mn.   - Genre : Drame, Fantastique
Nationalité : Américaine

Synopsis : En Oklahoma, durant la Grande Dépression de 1934, la bataille ancestrale entre le Bien et le Mal prend place au sein d'une troupe de forains pour le moins étrange.

Avis : Serie HBO au budget énorme (encore une fois). Une ambiance forte, des personnages plein de charisme, le tout baignant dans un etrange bain matiné d'esoterisme... Bonne serie!

ma note : 8/10


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Publié par fmamb à 16:58:19 dans Cinema | Commentaires (3) |

Million Dollar Baby | 21 août 2006


Date de sortie : 23 Mars 2005
Réalisé par Clint Eastwood
Avec Clint Eastwood, Morgan Freeman, Hilary Swank
Film américain.
Genre : Drame
Durée : 2h 12min.
Année de production : 2004
Distribué par Mars Distribution

Synopsis : Rejeté depuis longtemps par sa fille, l'entraîneur Frankie Dunn s'est replié sur lui-même et vit dans un désert affectif, en évitant toute relation qui pourrait accroître sa douleur et sa culpabilité.
Le jour où Maggie Fitzgerald, 31 ans, pousse la porte de son gymnase à la recherche d'un coach, elle n'amène pas seulement avec elle sa jeunesse et sa force, mais aussi une histoire jalonnée d'épreuves et une exigence, vitale et urgente : monter sur le ring, entraînée par Frankie, et enfin concrétiser le rêve d'une vie.
Après avoir repoussé plusieurs fois sa demande, Frankie se laisse convaincre par l'inflexible détermination de la jeune femme. Une relation mouvementée, tour à tour stimulante et exaspérante, se noue entre eux, au fil de laquelle Maggie et l'entraîneur se découvrent une communauté d'esprit et une complicité inattendues...

Avis : Un drame poignant, filmé avec maestria. Là où l'on pense attendre Eastwood au tournant, c'est lui qui nous retourne en nous mettant les tripes sans dessus dessous. D'abord ému par cette fille a la volonté inébranlable et cet entraîneur de boxe doucement dur avec une fillette dont il n'espérera d'abord rien. Eastwood film avec passion le clair/obscur d'une salle de sport chargée d'histoire, ou l'ont sentirai presque l'odeur de cuir et de sueur. Les personnages sont souvent baignés dans l'obscurité. La musique (écrite aussi par Eastwood) souligne subtilement cette histoire. Tout est amené avec justesse. Eastwood ne tombe dans aucune facilité. Tout transpire la sincérité, et c'est ce qui touche essentiellement dans cette oeuvre. Paul Haggis (a qui l'on doit Collision) prouve une nouvelle fois ses qualités de scénariste. Et enfin une mention toute spéciale à Hilary Swank qui nous offre une performance particulièrement exceptionnelle (sur le plan physique et émotionnel).


Ma note : 8/10



Publié par fmamb à 15:03:01 dans Cinema | Commentaires (2) |

Les prochains films de Clint Eastwood | 18 août 2006




Le tout premier teaser des deux nouveaux longs-métrages réalisés par Clint Eastwood, Flags of our fathers et Red sun, black sand, qui relatent tous deux la même bataille historique mais au travers du regard d'un clan (les américains) puis de l'autre (les japonais), vient d'être mis en ligne sur le site officiel japonais des longs-métrages en question. À noter que les films sont produits, entre autres, par Steven Spielberg.

 FLAGS OF OUR FATHERS
Réalisateur
: Clint Eastwood.

Scénaristes : Paul Haggis & William Broyles Jr.

Acteurs : Ryan Phillippe, Jesse Bradford, Paul Walker, Adam Beach, Neal McDonough, Jamie Bell, Barry Pepper.

Date de sortie US : 20 octobre 2006
Date de sortie France : 25 octobre 2006

L'histoire : Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, la bataille de Iwo Jima fit 22 000 morts côté japonais et 26 000 côté américain en l'espace d'un mois au cours de l'hiver 1945 et devint célèbre grâce aux photos de six soldats américains brandissant la bannière étoilée sur le flanc du mont Suribahi, le lieu de commandement de l'île. L'histoire du film sera racontée au travers du regard d'un des fils des six soldats qui apprendra le haut fait d'arme de son père une fois celui-ci décédé en 1994.


 RED SUN, BLACK SAND
Réalisateur : Clint Eastwood.

Scénariste : Iris Yamashita.

Acteurs : Ken Watanabe, Tsuyoshi Ihara, Ryo Kase, Shido Nakamura, Kazunari Ninomiya, Hiroshi Watanabe.

Date de sortie US : Décembre 2006
Date de sortie France : 13 décembre 2006

L'histoire : La vie du Général Tadamichi Kuribayashi qui a combattu les troupes américaines pendant 40 jours sur la petite île de Iwo Jima. Il s'agit d'un film complémentaire à Flags of our fathers. Ce dernier décrit la vision américaine du sujet alors que Red sun est tourné du point de vue des japonais.

Publié par fmamb à 14:39:24 dans Cinema | Commentaires (0) |

Cauchemar d’une espèce française en voie de disparition | 21 juillet 2006



LE CAUCHEMAR DE DARWIN
Cauchemar d'une espèce française en voie de disparition

Par Matt DRAY



Depuis plus deux mois, une bien curieuse polémique est venue frapper violemment le documentaire de création réalisé par Hubert Sauper Le Cauchemar de Darwin, vu par plus de 400 000 spectateurs en France et diffusé sur Arte le 24 avril prochain. En effet, l'article d'un historien de cinéma, François Garçon, paru dans la revue Les Temps Modernes (n°635-636), tente avec opportunisme et véhémence de ruiner les « vérités » filmées d'Hubert Sauper sur les terres tanzaniennes. Résultat d'une jalousie bien française et mondialement reconnue dés lors que la réussite touche un cinéaste dont le tort principal, mis à part celui d'être copieusement considéré comme un odieux mystificateur, serait d'être de nationalité autrichienne, ayant pourtant porté haut les couleurs de la France aux Césars ainsi qu'aux Oscars.


Tanzanie. Afrique de l'Est. Sur les bords de l'immense Lac Victoria. Dans les années 50, les Européens ont volontairement introduit dans le lac la Perche du Nil, un poisson carnivore qui a dévoré la plupart des quelques deux cents différentes espèces de poissons. Son commerce, juteux, nourrit les familles et les tables des restaurants de l'Union Européenne depuis plus de vingt ans. Le documentaire d'Hubert Sauper vise alors à démontrer que l'exportation massive de ce poisson a rejeté les habitants de Mwanza, ville située sur les rives du Lac Victoria, dans la misère la plus absolue. De plus, le réalisateur s'attarde longuement sur les voyages quotidiens effectués par des avions cargos pilotés par des russes et des ukrainiens, qui serviraient alors en fond de base au transport d'armes sur le continent africain.



Selon l'article polémique de l'historien François Garçon, le documentaire d'Hubert Sauper révélerait quelques zones d'ombres : les carcasses de poissons restantes après dépouillement par les ouvriers de l'usine seraient destinées aux cochons et aux poulets et non aux êtres humains comme nous invite à le croire le réalisateur, images à l'appui. De plus, il n'existerait aucune preuve que les aviateurs russes chargent leurs avions d'armes destinées aux guerres civiles qui embrasent l'Afrique. Enfin, l'historien François Garçon s'évertue à prouver à ses lecteurs « intelligents » que le marché de la Perche du Nil s'avère être en fait une aubaine pour l'économie du pays, que cela réduit considérablement les inégalités sociales entre les individus et que les bénéfices de son commerce sont profitables à tous les habitants de Mwanza, donnant du travail et nourrissant à l'occasion des familles entières qui mouraient auparavant de faim, d'ennui et du Sida.

L'article de François Garçon est venu à point nommer pour alimenter la confusion et créer un petit désordre dans le monde fermé des critiques de cinéma. Trop tard cependant pour ne pas faire remporter à Hubert Sauper le César du meilleur premier film, mais au contraire parfaitement dans le timing pour lui rendre la cérémonie des Oscars insupportable, cérémonie qui a vu, par un heureux hasard pourrait-on croire, couronné La Marche de l'Empereur. Il semblerait que le cinéaste Hubert Sauper ait très vite compris qu'il ne gagnerait pas lorsqu'il aperçut des pingouins en plastique sur les genoux de certains spectateurs. Il aurait fallu lui conseiller de venir avec des armes en plastique et des figurines représentants des petits enfants tanzaniens amputés jusqu'aux genoux s'il voulait conserver des chances d'obtenir la statuette hollywoodienne. Ainsi va le spectacle d'Hollywood, amusant et ignorant tout des réalités et des enjeux du monde.



Nous avions cette année la chance de voir présenter aux Oscars, sous les couleurs françaises j'insiste, un documentaire diablement instructif (je ne m'étendrais pas dans cet article sur les points forts et les points faibles de la mise en scène du film d'Hubert Sauper) et ne ressemblant pas enfin à ce que les américains aiment voir et savoir de nous, les Amélie Poulain et autres Choristes, pour ne nommer que les plus représentatifs de nos si encombrants clichés. Il est juste de relever qu'il est plus facile pour l'historien de cinéma français, François Garçon, de dénigrer un film pourtant honnête et fruit de plusieurs années de travail comme Le Cauchemar de Darwin, plutôt que de s'offusquer des méthodes démagogiques d'un Michael Moore, venu tranquillement décrocher sa Palme d'or à Cannes, en France, en 2004, sans que personne, ni intellectuel français, ni spectateur un tantinet doutant de la médiocrité du reporter américain, ne lui barre la route. Il est vrai qu'il est plus confortable de se dire que Le Président Bush est vraiment quelqu'un de méchant, puisqu'on connaît son visage et qu'on nous le montre perpétuellement à l'écran en le diabolisant exagérément, que d'avouer que les armes vendues par les Européens condamnent l'Afrique à la mort.



Intelligemment, Hubert Sauper ne désire pas nous apporter la preuve concrète à l'image de l'existence du trafic d'armes. Surtout, il ne doit pas être si aisé de pouvoir montrer le vrai visage du trafic d'armes à l'image, sous peine de se voir « suicidé » de deux balles dans la tête. « Montrez-moi l'image » criait le célèbre théoricien de cinéma André Bazin pour que je puisse « croire ». C'était évidemment mettre le réel en jeu et lui donner une légitimité sans pareille dés lors que le metteur en scène cherchait à tromper le spectateur. Ce qui n'est évidemment pas le cas dans Le Cauchemar de Darwin. D'ailleurs, un éminent critique italien, Paolo Mereghetti a lui, au contraire, approuvé les méthodes d'Hubert Sauper qui ne visent qu'à utiliser les moyens du cinéma pour pousser le spectateur à aller au-delà de ses limites de réflexion et d'interprétation d'un sujet mis en boîte.

Malheureusement, à ce jour, l'attaque dont est victime Hubert Sauper ne répond à aucune volonté de son bourreau de l'écouter. Effectivement, le bourreau en question a rédigé son article comme l'on rédige le compte-rendu d'une exécution capitale, un point c'est tout. De plus, Monsieur François Garçon, qui rappelle, avec insistance, comme plusieurs de ses confrères de la presse écrite, la nationalité autrichienne du réalisateur Hubert Sauper, répond avec honneur au sondage dernièrement effectué en France : 1 français sur 3 avouerait être raciste. 2 sur 3 vont le devenir. Soit, l'autrichien Hubert Sauper n'aura bientôt plus sa place parmi nous. Et pourtant, il habite depuis plus de dix ans à Paris. Il est donc assez indécent de faire sentir, même de loin, à Hubert Sauper qu'il est autrichien et qu'il doit surtout le rester.

Ce qui est grave en France, c'est qu'on vous fait toujours penser que vous êtes un étranger. Même si vous êtes Européen. Même si votre film représente la France aux Oscars. Vous êtes encore un étranger face à La Marche de l'empereur, petit trésor national dont il ne faut pas dire du mal ; et même si vous parlez couramment français, vous resterez toujours un étranger. La belle idée d'une France rassurante et accueillante envers l'être humain qui vit hors de ses frontières, n'a simplement jamais existé. Il n'est qu'à entendre, pour ceux qui voyagent un peu, les louanges construites de toutes pièces par beaucoup d'étrangers lorsqu'ils évoquent le beau et grand pays des Lumières : « Ah quelle chance, vous avez Céline, Chris Marker et Rousseau ! ». A quoi il faudrait immédiatement répondre sans crainte que Céline et Rousseau ont été foutu dehors, et que Chris Marker est resté inconnu dans l'hexagone. Des exemples comme ceux-là, où l'œil vierge de l'étranger débordant d'admiration pour une France profondément adorée et respectée pour les grands hommes qu'elle a produit, nous pouvons tristement en rencontrer des milliers. Il restera toujours quantité d'individus qui traverseront de périlleux obstacles, avant de pouvoir atteindre les côtes françaises, pour croire que la liberté pure se trouve ici, chez nous. Mais nous sommes comme les autres. Le travail manque et le peuple a toujours faim. On ne peut presque même plus ni dire, ni chanter, ni écrire ce qu'on pense. Danger. N'est-il pas insupportable alors de se faire montrer du doigt comme le pays des « droits de l'Hommes » ?



Autre chose plutôt minable aussi : c'est le revirement frappant de certains journalistes écrivant sur le cinéma qui avaient encensés le documentaire d'Hubert Sauper à sa sortie ; il y aurait malheureusement beaucoup à dire de la critique de cinéma en France et de ceux qui en vivent. Mais il s'agirait de rester prudent, de ne nommer personne pour ne blesser personne évidemment, car on pourrait me reprocher de ne pas être totalement français et me trouver à moi aussi de lointaines origines autrichiennes. Ce ne sont pourtant pas les critiques de cinéma qui encouragent à croire en la noblesse du métier de journaliste. Ils sont même loin d'être les premiers. Car ce métier de la plume acerbe et critique est malheureusement aujourd'hui accaparé par des gens qui n'hésitent pas à quitter les projections de presse au bout d'une dizaine de minutes à peine. Il n'est pas surprenant alors que le fidèle lecteur trouve, en ouvrant son journal le lendemain, un article du fuyard sur un film dont on peut s'assurer qu'il n'a vu que le générique du début. D'ailleurs, il est généralement facile de relever que plusieurs des phrases que certains journalistes de cinéma ont laissé couler de leur encre ressemblent comme deux gouttes d'eau à celles imprimées dans le dossier de presse qu'on distribue à l'entrée des projections de presse.

Le grand problème des critiques de cinéma, c'est qu'ils ne voyagent pas beaucoup en dehors des festivals. Et vous pouvez faire tous les festivals du monde tout en vous croyant toujours au Club Méditerranée de Vittel, en France. Ainsi, la critique organisée sur bandes papier inflammables, qu'elle soit littéraire, cinématographique, musicale ou même politique, donnent facilement du crédit, pour toute une vie, à des imposteurs à la pelle, majoritairement frustrés de n'avoir pas pu réussir à s'offrir au public en tant qu'artiste inoubliable et honoré comme tel dans le monde entier.



Si le ton de certains articles qui ont confirmé les attaques virulentes de François Garçon font preuve d'une grande faiblesse d'esprit et d'analyse, on ne peut ignorer la malhonnêteté de certains critiques qui s'estiment avoir été trompé par un documentaire alors que, justement, les fondements de leur métier reposent sur la capacité de savoir « qui joue » et « qui ne joue pas », « qui trompe » et « qui ne trompe pas » avec les images en mouvement. Les critiques sont souvent des êtres asexués qui ont une vision étriquée du domaine dont ils se sont portés les plus éminents censeurs.



Ainsi, ce n'est pas en nommant les grands documentaristes du siècle passé -Jean Rouch, Robert Kramer, Robert Flaherty parmi les plus illustres représentants- qu'on parvient à faire comprendre au public qu'il y a dans le documentaire d'Hubert Sauper de sérieuses invraisemblances et que le réel n'est pas représenté (se doit-il de l'être et qui détient vraiment la vérité du réel au cinéma ?) comme il le faudrait. Ce n'est pas non plus en envoyant un journaliste sur place qu'on va pouvoir juger de la valeur du film d'Hubert Sauper. Aussi ne faut-il pas oublier qu'Hubert Sauper ne s'est jamais rendu en Tanzanie avec l'étiquette de « journaliste occidental ». Il a d'abord été là-bas en tant qu'Homme, avec un œil de cinéaste et une grande discrétion humaine, et il y est souvent retourné pendant quatre ans de suite. On imagine bien par contre que lorsqu'un journaliste Européen, soigneusement accrédité, débarque dans un pays comme la Tanzanie, il est tout à fait certain qu'il ne pourra pas être considéré comme une personne qui va pouvoir observer les lieux de façon transparente et demeurer très longtemps invisible aux yeux des autorités ?

Il y a quelques années, une directrice d'une grande radio à Alger me relata toutes les fois où elle avait reçue des journalistes étrangers venus faire un sujet sur l'Algérie en quelques heures et qui voulaient comprendre, à son contact, toute la psychologie du pays en dix minutes. En restant moi-même deux mois là-bas, j'ai entendu des centaines d'histoires, j'ai rencontré des dizaines de personnes et je n'ai certainement pas tout appris de l'Algérie. Loin de là. Il n'est absolument plus possible aujourd'hui d'envoyer un journaliste de ce type sur les traces du documentaire d'Hubert Sauper en espérant qu'il rende compte de la situation réelle sur place avec une parfaite clarté. Il ne faut pas oublier que le film a sans doute été vu là-bas et que, forcément, depuis, les autorités tanzaniennes ont eu tout le soin de préparer une riposte aux images frappantes du film.


Ce qui est sûr, c'est que le français François Garçon n'aime pas que les autres réussissent. Sa spécialité, c'est l'Histoire du cinéma. Il est habile, par sa formation, pour traquer les fauteurs d'images, tous les traîtres allant de la période de Léon Blum à Pétain, et pour raconter le siècle de Gaumont dans un petit livre bêtement illustré et paru chez Gallimard il y a quelques années. Son article Le Cauchemar de Darwin : allégorie ou mystification ? est truffé de chiffres et de statistiques dont il faut bien conclure qu'ils nous ennuient à force de s'entasser les uns sur les autres. Fait-on des Hommes avec des chiffres ? Non. Fait-on des films avec des chiffres ? Non. Que connaît alors cet homme au cinéma ? Rien. Tout au plus fabrique-t-on avec les chiffres de rigoureux universitaires qui nous empoisonnent l'existence durant quelques années sur les bancs de la faculté.




Il faut craindre que la France est devenue une nation d'imbéciles. Interrogeant dernièrement le cinéaste russe Alexeï Guerman, qui a d'ailleurs été reçu comme un animal de foire au Festival de Cannes en 1998 et qui en fut blessé à vie, il eut cette phrase qui vise juste : « Votre Pascal disait que si on enlevait trois cents intellectuels de la France, alors la France deviendrait une nation d'idiots. Chez nous, quatre-vingt mille intellectuels sont partis pendant les dix dernières années. Néanmoins, on continue d'exister. Peut-être parce que le pays est grand. » Une réflexion qui mériterait bien d'être confronté à l'appauvrissement culturel dont la France est victime depuis une quinzaine d'années et qui correspond d'ailleurs à l'arrivée sur le marché de la cinématographie française de petits cinéastes nombrilistes et souffreteux.

De toute façon, il faudra bien donner un visage à François Garçon. Il ne pourra pas se cacher indéfiniment derrière des mots. Des mots dont il connaissait certainement le poids et la souffrance qu'ils allaient causer aux lecteurs surpris d'être accusés d'une soudaine naïveté. Des mots et des chiffres dont il a certainement mesuré à l'avance tous les effets qu'ils produiraient chez le spectateur qui, de toute évidence, douterait d'abord de lui-même et de son regard vers le cinéma, à une époque où tout le monde crie à l'imposture et à la propagande des images dés qu'un idiot lève le doigt plus haut que les autres.

L'historien français François Garçon a sans doute davantage appris que d'autres à l'Université sur la façon dont il faut s'y prendre pour déjuger le travail d'un autre sans qu'il ne lui soit vraiment nécessaire de se déplacer sur place, en Tanzanie par exemple.

On arrive toujours à la même conclusion quand on finit ce genre d'article polémique : si on ne fait plus attention à ce qu'on lit, on pourrait aisément croire qu'aucun africain ne meurt du Sida toutes les deux secondes, que Van Gogh était français, et qu'André Malraux a fait la Guerre d'Espagne à lui tout seul. Remarquons alors qu'il n'est pas surprenant de voir que non seulement en France mais dans le monde entier il existe aussi des gens qui affirmeront et prouveront que les chambres à gaz n'ont jamais existé. Ah, la soigneuse cruauté de la polémique française, abscons et si faible en pensée, cette banale cruauté gratuite qui traduit souvent l'ennui d'une génération pauvre en distractions et en idéaux, qui fait que l'on n'avancera peut-être jamais plus à rien dans ce triste pays où rien que la mort nous aura enlevé beaucoup plus que trois cents intellectuels en dix ans sans jamais les remplacer.

Publié par fmamb à 13:52:13 dans Cinema | Commentaires (0) |

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